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L’Enfant du cimetière

L’Enfant du cimetière

L’enfant Yoann est abandonné tout petit dans la crypte d’un cimetière. Là il est recueilli puis élevé par les esprits du lieu. (PARUTION LE 10 SEPTEMBRE 2010)

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GENRE

Conte illustré jeunesse (10-12 ans)

 

AUTEUR

Pierre Brulhet

Illustrations : Cécile Rastouil

 

FICHE TECHNIQUE

Format : 14,8 x 21

Nbre pages : 140

Prix : 12 euros

 

L’HISTOIRE

L’enfant Yoann est abandonné tout petit dans la crypte d’un cimetière. Là il est recueilli puis élevé par les esprits du lieu. C’est que le cimetière fonctionne comme un véritable village, à l’abri du regard des vivants, géré par ses deux maires débonnaires Von Barton et Cornwill. Maintenant âgé de 12 ans, Yoann est mûr pour expérimenter toutes les facettes de la vie : l’amitié, l’amour, l’adversité. Jusqu’au jour où les vivants ont décidé de détruire une partie du cimetière. La petite communauté des esprits est en danger. Yoann et la jolie Ora, celle qu’il aime, prennent la tête de la révolte.

 

Entre Walt Disney (celui du jeune Moogly du Livre de la jungle) et Tim Burton, Pierre Brulhet nous livre un récit à la fois burlesque, émouvant, coloré, et incroyablement vivant malgré la nature du lieu. Loin d’être inquiétants, les esprits se révèlent finalement être nos meilleurs amis.,

 

EXTRAIT

Au même moment à l’autre bout du cimetière, Alfred venait de retirer la pierre tombale du caveau d’Edgar Grant. À quelques mètres, Monsieur Clint, nerveux, regardait si quelqu’un venait dans leur direction.

Monsieur Clint !

Quoi ? dit l’architecte en se retournant.

Vous devriez venir voir.

Eugène regarda encore une fois vers l’extrémité du chemin et rejoignit son assistant.

Qu’as-tu trouvé ?

Regardez en bas, dit Alfred non sans cacher sa fierté qui se lisait sur son visage.

Monsieur Clint s’agenouilla près de la tombe et put voir le trou de près de deux mètres de profondeur.

Avec cette hauteur, il va au moins se tordre la cheville, dit Alfred en se penchant au-dessus d’Eugène pour regarder le trou.

Oui, exactement. Écoute Alfred, il faut maintenant vite rassembler des branches pour cacher le piège et ensuite j’irai chercher le jardinier pour le…

Monsieur Clint ! Monsieur Clint ! hurla Monsieur Dubois qui arrivait en courant.

Les deux compères n’avaient pas entendu venir le jardinier. Surpris, Eugène se leva brusquement et bouscula Alfred qui tomba la tête la première dans le trou. Tout tremblant, le jardinier arriva devant Eugène.

Monsieur Clint !...

Plus tard, coupa Eugène.

Il se précipita en s’agenouillant au bord du trou et se pencha dangereusement.

Alfred ? Alfred ? Est-ce que tu vas bien ?

C’est bon, je suis vivant. Alfred râla. Je crois que je me suis foulé la cheville…

Quelques minutes plus tard, Eugène et Monsieur Dubois réussirent à remonter le pauvre Alfred.

Bon sang, comment se fait-il que cette tombe soit ouverte ? dit le jardinier.

Les deux compères n’en menaient pas large et évitèrent de croiser son regard.

Si vous n’étiez pas venu sans prévenir, rien de cela ne serait arrivé, dit Alfred qui ne cachait pas sa haine grandissante pour le jardinier.

C’est vrai ça, dit Monsieur Clint, pourquoi donc tout ce vacarme ?

Monsieur Dubois revit la scène qui l’avait horrifié. Il devint pâle comme la neige.

Il faut que vous veniez voir.

Qu’avez-vous découvert ? demanda Monsieur Clint.

Vous ne me croirez pas si je vous le dis. Suivez-moi.

Les deux hommes soulevèrent Alfred et l’aidèrent à marcher jusqu’au caveau.

 



 

Quand ils arrivèrent devant le caveau, le jardinier s’arrêta.

Je n’irai pas plus loin.

Si vous êtes si effrayé, restez ici avec Alfred. Moi je vais aller voir.

Eugène hésita un instant, puis passa l’entrée. Il vit alors un jeune garçon allongé sur un tas de feuilles mortes dans une alcôve. Sa peau avait une blancheur cadavérique et ses vêtements étaient très sales. Eugène fit un pas de plus et vit une tache de sang sur le coin de ses lèvres. Cela dépassait toute imagination et au lieu de prendre peur ou d’appeler à l’aide, un étrange sentiment lui dit de s’approcher encore. Il était tout près de l’enfant. Il pouvait le toucher. Eugène passa sa main dans sa chevelure blonde et ses doigts descendirent jusqu’à ses lèvres entrouvertes, maculées de pourpre. Eugène regarda ses propres doigts tachés de rouge et les goûta. C’était sucré. De la framboise ! Au même instant, il entendit l’enfant respirer.

 



 

Je me demande ce qu’il fabrique, s’inquiéta le jardinier.

S’il lui est arrivé quelque chose, je vous le ferai payer, dit Alfred, assis contre un arbre en tenant sa cheville douloureuse.

Monsieur Clint apparut soudain à l’entrée du caveau. Il portait un garçon dans ses bras. La lumière du jour réveilla l’enfant qui se mit à se plaindre du soleil.

Il est vivant ! lança Eugène tout excité.

Il faut vite le sortir du cimetière, dit le jardinier.

L’enfant commençait à pleurer et à se débattre. Le jardinier aida l’architecte à contenir la fougue du garçon, puis, suivis d’Alfred qui clopinait, les trois hommes prirent le chemin de la sortie.

Alors qu’ils n’étaient plus qu’à quelques mètres de la grille, Monsieur Dubois sentit qu’on agrippait le bas de son pantalon. Il se tourna, mais ne vit rien. Il continua sa marche quand il sentit à nouveau cette désagréable sensation.

Hé ! dit-il, il y a je ne sais quoi qui me retient.

Puis soudain, il tomba. Le jardinier se leva et il retomba aussitôt. Monsieur Dubois se mit à hurler. Il n’arrivait plus à se relever, une main invisible plaquant sa jambe au sol.

Au secours ! Aidez-moi !

Monsieur Clint et son assistant se retournèrent et virent le jardinier à plat ventre qui se débattait tout seul.

Arrêtez de faire l’idiot, dit Alfred.

La pression sur sa jambe cessa et le jardinier put se remettre debout. Il sortit du cimetière en courant et en hurlant.

Ce cimetière est hanté !

Monsieur Clint et son assistant regardèrent, ébahis, le jardinier s’enfuir, levant les bras au ciel.

Est-il devenu complètement fou ? dit Alfred.

Peut-être. Je crois en tout cas qu’on ne le reverra pas de si tôt. Cet incident imprévu arrange bien nos affaires, mon cher Alfred.

  • Format : 14,8 x 21
  • Nombre de pages : 140

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